À l’aube de ses 96 ans, ma chère mère est toujours une force de la nature, mais devient de plus en plus chancelante. Des chutes sont en effet observées occasionnellement, découvertes après-coup par des bleus et bosses, inexpliqués par la principale intéressée dont la mémoire vacille elle aussi, qui apparaissent ça et là sur sa tête. Car pour elle, tout va bien, il ne s’est rien passé, elle n’est pas tombée et surtout, elle n’a mal nulle part.
Comme je le faisais dans le bon vieux temps avec ma chère mère et Fifille toute mini, mon héritière et moi prenons la route, près de trente ans plus tard, avec ses propres descendants, mon Mini et la Souricette : destination LE chalet. Les petits chanceux ne le savent pas, mais ils sont les dignes représentants de la cinquième génération qui s’y rend joyeusement depuis 1971, la propriétaire, ma chère marraine, étant toujours aussi accueillante aujourd’hui.
Mieux vaut tard que jamais, surtout pour rendre compte d’un exploit sportif intergénérationnel hautement émotif. Vous le savez : je suis une coureuse, à vitesse tortue, mais une coureuse quand même. Or, après avoir participé à quelques épreuves, j’ai développé le grand fantasme de courir un jour avec l’un ou l’une de mes Mini.e et ce, bien avant que le ventre de Fifille ne commence à rondir pour la première fois. Me voici donc au printemps 2022, après avoir reçu la bénédiction de Fifille en personne, à m’inscrire au 5 km de la course de la cité- Limoilou, la poussette de course destinée à mon Mini adoré bien en vue dans mon terrier. La date est fixée : le 17 septembre, mon fantasme sera devenu réalité et le plus beau des plus beaux, il l’aura sa médaille. Je le lui ai promis.
Un souvenir de la Souricette (retrouvé dans ma laveuse)
L’heure étant grave, Fifille et son Chéri ont mis à exécution leur plan évacuation de la Souricette et de sa maman en cas d’éventuelle alerte covid à domicile, le virus ayant pu leur être ramené inopinément par mon Mini adoré à la suite d’un séjour de quelques heures au CPE. Mère et fille ont donc pris la direction de mon si sécuritaire terrier samedi soir dernier, accompagnées de leur imposant fourbi. Et depuis lors, ma routine si tranquille habituellement est légèrement chamboulée.
Lors de mes dernières visites chez Fifille et sa tribu, mon Mini adoré et moi nous sommes adonnés à une nouvelle activité. Et j’ai nommé : le dessin. Or, mon Mini, c’est pour moi le compagnon idéal pour une telle activité. Il est en effet encore trop petit pour constater les limites de mon talent et de ma créativité en la matière et s’ébahit de mes prouesses picturales. Et moi, ben, je m’amuse.
Comme Fifille et son Chéri devaient se rendre hier à la première visite de contrôle post-naissance de la Souricette, j’ai été invitée à venir tenir compagnie à mon Mini adoré lors de leur absence et à rencontrer pour la première fois sa sœur cadette. C’est donc avec le sentiment de me rendre à un tout premier rendez-vous amoureux que j’ai parcouru les quelques kilomètres qui sépare mon propre terrier de celui de la petite famille nouvellement agrandie. Une première impression, vous le savez, c’est bien difficile à rattraper. Et je voulais faire bonne figure aux petits yeux (le plus souvent fermés) de la plus belle des plus belles.
Roulement de tambour. Ça y est : mon Mini adoré est grand frère! Du haut de son presque un an et demi, il patiente encore chez sa grand-mère paternelle en attendant de rencontrer sa toute petite sœur, née hier soir, et séjournant toujours à l’hôpital avec Fifille et son Chéri, déjà fous amoureux de leur nouvelle héritière.
Nos activités hors domicile étant somme toute assez limitées depuis plus d’un an, plusieurs se sont lancés dans l’embellissement de leur logis, réalisant enfin des projets reportés depuis une éternité. Or, côté rénovations j’ai assez donné, ce qui est une bonne chose puisque des projets d’envergure ne pourraient être réalisés dans mon cher appartement. J’ai par contre toute la latitude pour revamper mon décor (en faisant le moins de poussière possible) et adopter le hygge encore davantage. Cette tendance qui me convient tant, c’est Fifille qui m’y a initiée. Et c’est cette étincelle qui m’a conduite à séjourner chez les vikings avec ma chère amie Julie il y a près de deux maintenant. En bref, un intérieur hygge, c’est un cocon douillet et chaleureux (un terrier, dirait Fiston), aux couleurs apaisantes, où se côtoient des matériaux naturels – bois, céramique, fourrures, etc. – et des accessoires indispensables – bougies, couvertures, coussins et… plantes vertes!
À 90 ans bien sonnés, ma chère mère était évidemment dans les clientèles priorisées pour recevoir le fameux vaccin anti-covid grâce auquel on devrait éventuellement sortir de notre grand encabanement collectif. L’opération se déroulant uniquement au Centre de foires au départ (j’haïs ça aller là) et Fifille étant motorisée, elle a donc pris les choses en main et obtenu rapidement un rendez-vous pour sa grand-mère. Mais il y avait un hic : il risquait d’y avoir de l’attente et mon héritière a un délai limité entre son départ du domicile familial et la prochaine tétée de mon Mini adoré. Avec le transport et tout, elle n’était pas certaine d’y arriver et, en raison de mon agenda de ce jour-là, je ne pouvais ni l’accompagner ni la remplacer.
Je l’ai écrit il y a quelques jours, Fiston et sa Chérie emménageront ensemble cet été à quelques pas de mon propre terrier. Et, puisque l’élue de mon héritier a une voiture nettement plus rutilante que celle avec laquelle il se déplace lui-même et qui, en théorie, m’appartient, j’aurai aussi le grand bonheur de récupérer sa monture. Parce qu’après tout, en ville, une auto, c’est bien, mais deux, c’est trop.